Appréhendées sous l’antiquité comme objets magiques (cornes du dieu Ammon ou corne d’abondance) ; étudiées depuis le 19ème siècle en tant que vestiges d’un monde disparu ; découvertes par tout un chacun au hasard d’une promenade ou sublimées par des milliers d’heures de travail : que sont réellement les ammonites ?
Mémoire d’un passé lointain, ces cailloux spiralés racontent en fait l’histoire d’une autre ère, d’un autre temps. Un temps où la Provence engloutie par plus de six cents mètres de fond, se trouvait peuplées d’animaux fascinants aux allures surréalistes.
Imaginez, dans un océan nommé TETHYS, la nage langoureuse de grands reptiles marins, l’éclair vif provoqué par le reflet bleu d’argent du ventre d’un requin, ou encore, ça et là, des centaines de groupes d’ammonites se propulsant par accoups au gré des courants. Ce sont ces dernières qui sont impliquées dans la révélation de la Provence sous les termes de Paradis des géologues.
A l’origine, les ammonites étaient des mollusques céphalopodes proches de nos seiches ou poulpes actuels. Munies d’une coquille en calcaire dur, leur croissance s’effectuait selon une spirale à tours jointifs du centre vers l’extrémité de la spirale. Ces animaux ont colonisé la totalité des mers et océans du globe durant toute l’ère secondaire (250 à 62 millions d’années) pour s’éteindre mystérieusement à la fin de cette période.
Les milliers d'espèces qui composaient ce groupe gigantesque ont développé une multitude de tailles (de quelques mm à plus de deux mètres de diamètre) et de morphologie. Douées d'une très grande capacité d'adaptation, elles vont peu à peu conquérir la totalité des milieux marins en adoptant de nouvelles coquilles, leur conférant à chaque fois, de nouvelles potentialités de nage, d'alimentation ou de protection.
Ainsi, il y a cent millions d’année un groupe rompt avec le schéma d’enroulement classique des ammonites (selon une spirale à tours jointifs) pour élaborer une infinité d’autres types de coquilles. L’ensemble de ces spécimens, décrits sous le terme d’ammonites déroulées correspond sans aucun doute aux fossiles les plus caractéristiques de la Provence car on y trouve 80% des espèces mondiales. Si ces ammonites comptent certainement parmi les plus rares, leur port aérien et leur allure élancée leur confèrent également une extraordinaire composante esthétique aboutissant à de véritables sculptures naturelles.
C’est plus d’une centaine de spécimens actuellement reconnus comme uniques au monde qui sont présentés dans l’exposition « Ammonites et Prédateurs » parmi lesquels :
Des cimetières marins concentrant plus de 200 fossiles en position naturelle sur la même roche ; des ammonites géantes (plus de 1,20 m de diamètre) ; des ammonites ayant conservées leurs épines d’origine…et des moulages de vertébrés marins.
Toutes ces pièces ont fait l’objet d’un long et minutieux travail de dégagement (parfois plus de 2000 heures de travail sur un seul spécimen) afin que l’art donne à la science une nouvelle dimension…
http://www.geopolis-fr.com/art4.html
_________________
Quand la terre sera complétement polluée,
Quand les eaux seront empoisonnées,
Quand l'air sera devenu irrespirable,
l'Homme se rendra peut être compte qu'il ne peut pas manger l'argent...