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 appel à la révolte des chercheurs français

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Clavius
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Nombre de messages : 85331
Localisation : Melmac
Date d'inscription : 17/10/2004

MessageSujet: appel à la révolte des chercheurs français   Mer 26 Nov - 9:06

Salut

La grogne et le mécontentement du monde scientifique à l’égard de la politique du gouvernement montent d’un cran. L’ensemble des syndicats appelle à deux jours de grève et de manifestation, le 20 novembre avec le monde enseignant mais surtout le 27 novembre. Motif : arrêter le démantèlement du système de recherche français.
Se mobiliser, batailler, lutter, résister, se révolter… Les communiqués syndicaux publiés ces derniers jours par les syndicats de la recherche et de l’enseignement supérieur donnent le ton. Il faut agir vite et frapper fort pour refuser l’éclatement du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et des autres organismes de recherche, expliquent les syndicats. Un appel unitaire à la grève est lancé pour le 27 novembre, jour du conseil d’administration du CNRS.

Déjà orageux, le climat entre le gouvernement et le monde scientifique s’est encore détérioré depuis la remise, par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres), du rapport sur l’Inserm, dont certaines recommandations ont été reprises par le Premier ministre le 14 novembre, lors des 120 ans de l’Institut Pasteur. François Fillon a confirmé «la volonté du gouvernement de voir évoluer le secteur de la recherche biomédicale».

Cette évolution, d’après les recommandations des experts dirigés par Elias Zerhouni, qui vient juste de quitter la direction des NIH (National Institutes of Health, USA), va vers la création d’un «institut national unique pour la recherche dans le domaine des sciences de la vie et de la santé». «Le mélange et l’abondance actuelle d’institutions de recherche nationales […] nécessitent des mesures radicales de restructuration» stipule le rapport. Au-delà de l’Inserm, c’est donc un pan entier du CNRS qui est concerné. Sachant que deux autres commissions ont été chargées par Valérie Pécresse, ministre de la recherche, de rendre des rapports sur les sciences de la vie et sur l’informatique, les chercheurs craignent que le CNRS soit purement et simplement démembré.

Ces craintes ne datent pas d’hier. Il y a quelques mois, les chercheurs dénonçaient déjà un renforcement du pilotage de la recherche par le ‘’haut’’. Transférée aux universités, qui sont étroitement liées aux pouvoirs politiques régionaux, la gestion des équipes de recherche sera moins indépendante, expliquent les représentants syndicaux. Les chercheurs craignent que quelques grandes universités, celles qui feront de la recherche, récoltent des moyens, au détriment des plus petites.

La commission d’évaluation sur l’Inserm veut mettre fin à la fragmentation et à l’éparpillement des sources de financement, qui contraignent les chercheurs à de lourdes tâches de paperasseries. Cependant cette fragmentation a été aggravée par les réformes récentes, notamment la création de l’ANR, ou encore la création de 10 instituts, avec chacun son outil de coordination, au sein de l’Inserm. «La complexité des sources de financement est exacerbée par la prolifération d'initiatives spéciales, comme les regroupements thématiques (RTRA, RCTRS, génopôles, canceropôles, infectiopôles) qui entraînent des complications administratives supplémentaires et qui captent les ressources locales encore davantage» peut-on lire dans le rapport.

Etendant ses recommandations assez loin, le comité d’experts piloté par Zerhouni recommande de repousser l’âge de la titularisation des chercheurs, en créant une « période préparatoire » de 5 ans minimum.

Eclatement du CNRS, suppression de 900 emplois, faiblesse budgétaire, développement de la précarité de l’emploi, réforme contestée du statut d’enseignant-chercheur.. La liste des griefs s’allonge du côté des chercheurs. Et le ton de la mobilisation n’est pas sans rappeler d’il y a quatre ans, qui avait débouché sur la tenue des Etats généraux de la recherche. Un travail de réflexion et de propositions qui devaient servir à la réforme du système de recherche français. Mais que les chercheurs reprochent au gouvernement de n’avoir jamais utilisé.

source http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/

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Clavius
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MessageSujet: Re: appel à la révolte des chercheurs français   Mer 26 Nov - 9:12

Salut

Après la remise du rapport d’évaluation de l’Inserm qu’il a piloté, Elias Zerhouni, ancien patron de la recherche publique biomédicale américaine, s’étonne des inquiétudes soulevées par ses conclusions auprès des chercheurs français. «C’est une critique sévère du gouvernement, c’est un appel à la libération de la créativité des scientifiques», explique-t-il à Sciences et Avenir.

Elias Zerhouni, scientifique américain d’origine algérienne, a dirigé pendant 6 ans le plus grand centre de recherches biomédicales aux Etats-Unis, les NIH (National Institutes of Health). Le gouvernement français l’a mandaté, via l’Agence d’évaluation de la recherche (Aeres), ainsi que douze autres personnalités françaises ou étrangères, pour «faire le point sur l’organisation de la recherche médicale et des sciences de la vie en France». Dans leur rapport rendu public à la mi-novembre, les 13 experts recommandent la création d’un institut national unique pour les sciences de la vie et de la santé.
Dans un contexte déjà tendu, notamment marqué par la faiblesse des budgets et la réforme du statut des enseignants-chercheurs, cette annonce a été interprétée comme la fin des établissements publics de recherche que sont le CNRS et l’Inserm. Et cela nourrit la grogne des chercheurs, qui manifesteront jeudi 27 novembre partout en France.

Pour Science et Avenir, Elias Zerhouni revient sur son diagnostic et explicite ses propositions.

Sciences et Avenir : Les syndicats de chercheurs ont appelé à la grève le 27 novembre. Ils reprochent au gouvernement de pousser à l’éclatement du CNRS. Votre rapport va dans ce sens, qu’en pensez-vous?
Elias Zerhouni: Le rapport que nous avons signé ne veut pas du tout faire éclater le CNRS et l’INSERM, c’est maintenant que ces Instituts sont éclatés ! Le problème que nous avons identifié dans le système de recherche français, c’est la superposition d’une multitude d’organisations, d’institutions de recherche nationale qui gèrent et financent la recherche (ou font les deux en même temps). Rien que pour les sciences de la vie et de la santé, on compte l’Inserm, le CNRS, le CEA, l’ANR, l’INCa, l’ANRS, l’Inria et l’IreSP [voir Repères], plus une prolifération d’initiatives spéciales comme les Réseaux de thématiques de recherche avancée (RTRA), les Réseaux ou Centres de Recherche de recherche et de soin (R/CTRS), ou encore les «cancéropôles», les «génopoles», les «neuropôles»… etc… Avec des couches de responsabilités qui s’accumulent et aboutissent à créer un manque de responsabilité réelle.
Il est urgent de retrouver une clarté, une transparence qui n’existe pas à l’heure actuelle. Notre but essentiel est de maximiser le travail du scientifique français. On doit lui donner plus de degrés de liberté. Je suis étonné que ce soit les chercheurs qui appellent à la grève, car le rapport est favorable aux scientifiques, pas aux administrations successives dont les décisions ont amené à cette situation trop bureaucratisée. On n’appelle pas à l’éclatement du CNRS ou de l’Inserm mais à la clarification des rôles et des responsabilités de chacun. Si vous lisez entre les lignes, c’est les gouvernements successifs qui sont critiqués. Ce n’est pas un rapport de complaisance. Les experts qui ont rédigé ce rapport n’attendent rien du gouvernement et ils sont éloignés de toute considération politique. Ce rapport est pro-scientifique, pro-science. C’est une critique sévère du gouvernement, des structures disparates existantes, c’est un appel à la libération de la créativité des scientifiques, des moyens sur le terrain et à la limitation du pouvoir des organismes centraux multiples.

Comment avez-vous procédé pour établir ce rapport ?
Notre comité était composé de 13 personnalités scientifiques internationales, très indépendantes de nature. J’avais indiqué, en préalable à sa constitution, qu’il fallait que les membres puissent exprimer leur vérité sans entrave, sans influence politique. J’avais demandé également qu’ils puissent rencontrer autant les administratifs que les scientifiques de terrain. Nous avons donc mené notre réflexion sur la base de rapports de l’Aeres, de publications de l’Inserm et sur de nombreuses discussions au niveau des organismes, aussi bien avec des dirigeants que des chercheurs. Au bout de plusieurs jours «d’enquête» nous nous sommes réunis pour faire la synthèse. Notre rapport se veut compact, honnête et franc. Il conclut que le problème central de la recherche française est l’absence de séparation entre l’exécution et le pilotage de la science. Le statut des scientifiques doit être amélioré en termes financiers et opérationnels. Il faut leur apporter beaucoup plus d’autonomie et de liberté d’action.

Quelle est votre recommandation principale?
Sim-pli-fier. Ces niveaux de bureaucratie surabondants, complexes, impossibles à gérer, ne peuvent plus durer. Les scientifiques que nous avons rencontrés nous ont dit «s’il vous plaît, soyez directs et concrets car notre vie devient de plus en plus difficile. Il y a trop de niveaux d’organisations différents. Il faut se casser la tête pour boucler nos budgets avec différentes sources de financement. Six demandes de fonds sont nécessaires pour qu’une seule aboutisse. Sans parler de l’évaluation. On se fait évaluer par plusieurs organisations par an.» On m’a même dit une phrase qui résume bien les choses : «La moitié de la France évalue l’autre moitié cette année, et l’année suivante ça sera l’inverse». Quelle perte de temps et d’énergie !

Quel est le moyen le plus efficace de résoudre ce problème selon vous ?
Le plus efficace est de séparer clairement la gestion et le financement de la recherche. Nous recommandons que la gestion des unités de recherche soit dévolue à l’institution parente la plus proche qui peut être une Université, un institut de recherche indépendant (de type Pasteur par exemple) ou un organisme de recherche autonome financé directement par l’Etat. Le financement et l’évaluation par les pairs scientifiques seraient assurés par un Institut national unique pour la recherche dans le domaine des Sciences de la vie en santé.

Les unités de recherche n’auront donc plus qu’une source de financement possible?
Deux, en réalité. Cet Institut national unique pour la recherche dans le domaine des Sciences de la vie en santé pourra établir deux sortes de relations financières avec les unités de recherche. D’une part, il attribue une dotation institutionnelle sur plusieurs années à l’Université, l’institut, ou l’organisme qui gère les unités de recherche pour couvrir les dépenses fixes de base (infrastructure, personnel permanent, aménagement…), renouvelable régulièrement.
Par ailleurs, il attribue un second financement direct aux chercheurs et aux unités de recherche eux-mêmes, pour des projets donnés, après évaluation indépendante par des pairs. Un financement qui peut être renouvelé au terme d’une période de cinq ans par exemple, si les progrès et le niveau de créativité démontrés sont satisfaisants. Dans ce cas, c’est donc le chef de projet qui va aller à l’agence de moyen pour expliquer son projet, comme créer un centre de transfection virologique pour obtenir des cellules souches par exemple. Son projet est passé en revue par un comité indépendant qui le valide et là, on attribue au scientifique une enveloppe à gérer. Le chercheur aura donc d’une part sa structure financée avec le coût du personnel, l’électricité..etc et d’autre par son budget de projet. Il devient plus autonome et moins sujet à la lourdeur de la bureaucratie actuelle.

Est-ce que les NIH que vous avez dirigés pendant six ans, vous ont servi de modèle pour un tel système?
Pas du tout. C’est incomparable, car les Etats-Unis sont un état fédéral et il est impossible de centraliser les choses comme en France. Mais l’idée s’en rapproche en ce sens qu’au sein des NIH le système est centré sur le scientifique, pas sur l’institution et surtout pas dirigé de haut en bas mais de bas en haut avec beaucoup plus de recherches stimulées et dirigées par les scientifiques eux-mêmes, avec des moyens suffisants et une liberté de créativité maximale. Il n’y a pas de solution unique, toute solution doit être générée par les acteurs eux-mêmes en prenant le meilleur de l’expérience des autres pays. Un rapport d’experts comme celui-ci, à mon avis, est une opportunité de discussion constructive et non pas de résistance viscérale à tout changement.

Propos recueillis par Eléna Sender pour Sciences et Avenir.com
Interview édité par Cécile Dumas le 25/11/08

source http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/

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